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Le random tour
  1. sonnet 329
  2. Vercors, à l’élastique
  3. Le sang qui court est rouge
  4. sonnet 052
  5. Colombe est ses deux schnocks
  6. Pièce supplémentaire (supplément)
  7. Une quête dantesque
  8. Short walks with hype men and women
  9. Dies irae
  10. sonnet 162




Les gazouillis en cours
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Beautiful star

plinous, le lundi 19 avril 2010.

Bright Star c’est avant tout une photographie EXTRAORDINAIRE. Tous les plans sont beaux, la nature irradie, les intérieurs sont chauds et palpables, les êtres - même le chat - sont transfigurés, et les chiffons mesdames ! Jane Campion vous met en valeur une robe que même les hommes bourrus en voudraient ! Perso, Elle ne me fait pas le même effet ; il faut dire aussi qu’on parle ici de vraies robes, bas de bouts de machins estampillés à porter avec des bottines en daim.

Après, Bright Star dure deux heures et apparemment, c’est trop pour l’époque. Enfin si j’en juge par la réaction des 5 autres personnes de la salle hier soir. Il faut dire qu’on peut discuter ce que dit le critique Utopia, cf. lien ci-dessus, dernier paragraphe. Campion aurait évité un éventuel académisme... Bien, je ne vais pas me lancer dans une discussion sur l’académisme cinématographique aujourd’hui, mais si on oppose "académisme" à "innovation formelle", on peut soutenir que Bright star est tout de même un tantinet académique. Ce qui fit dire à une spectatrice : "trop classique, trop déjà vu..." faisant ainsi un procès en classicisme à un un film romantique, un comble !

Car pour moi, le film est aussi une réussite parce qu’il colle par sa photo, par sa mise en scène, par sa direction d’acteurs, à son sujet : le romantisme. On les sent les passions sous le carcan, et ces passions ne sont pas mièvres, on n’est pas dans Sissi - le caprice n’est pas au programme, on parle d’amour et de mort, on en parle, non : on aime et on meurt, on aime à en mourir ou à vivre pour porter jusqu’au bout le souvenir de l’être aimé. Évidemment à l’époque du zapping sentimental, époque où Beigbeder (grand écrivain) décrète avec le soutien d’éminents psychologues que l’amour ne dure que trois ans, époque où on peut lire à la sortie des écoles sur les affichettes de la maison de la presse : Domina - dossier spécial "Plaisir anal", à cette époque donc, on peut s’ennuyer ferme devant le spectacle de l’amour sublimé. Du reste, Huppert et le jury de Cannes 2009 ont jugé bon de ne rien donner à Bright Star ; le sadisme schleu (qui a dit pléonasme ?) de Haneke vaut bien mieux.

Soit. Mais je maintiens : ce film est magnifique, il faut le voir si ce n’est déjà fait. Et de préférence au cinéma. Bright Star n’est pas fait pour l’écran graisseux de la télé de la cuisine, portables s’abstenir aussi. La beauté se mérite, faites un effort.