01/05/2026
Pas grand chose ce jour. Quand on voyage vers l’est, on peut partir un 30/04 à 14h et arriver à la villa balinaise le 01/05 à minuit, au terme d’un périple finalement assez facile, mais avec son lot de fatigue avionique et de petits coups de stress inhérents aux longs voyages. Mais arrivés à la villa, chaleureusement accueillis, la fatigue s’évanouit déjà.
02/05/2026
Terminé Gracier la bête de Gabrielle Massat qui m’a occupé durant ces longues heures d’avion et d’aéroports. Merci pour ça Gabrielle. Après, bien que pas spécialement fan de polars, fussent-ils essentiellement sociologiques, j’aurais sûrement donné un avis positif à ce récit un poil didactique mais bien mené. N’était cette faute de goût à la fin qui pour moi gâche tout, ou beaucoup. Comment Audrey a obtenu son IPhone ? Le lecteur s’en doute un peu. C’était pas la peine d’appuyer. Un romancier se ferait traiter de gros lourd pour moins putassier que ça. Pour ne pas rester là-dessus : se lit bien et transporte dans une très belle région.
Après je voudrais revenir sur la photo d’hier et juste dire un truc au lecteur ici égaré : je ne suis pas une influenceuse à Dubaï, je ne te dis pas : "regarde ma vie elle est super". Elle ne l’est pas. J’ai une vle de gros taffeur, avec son lot de problèmes pro et perso (petite alerte sur la santé du binôme en atterrissant à Singapour par exemple). Mais dans cette vie il y a des possibilités de voyages, et comme j’ai décidé d’écrire un journal, bien il y a du voyage dedans. C’est tout. J’écris du souvenir, pas de la nargue.
Sinon aujourd’hui on a juste découvert notre quartier entre Ubud et Siangan, un sacré dépaysement malgré la mondialisation. L’aîné nous avait dit qu’il y avait des petits temples partout en Indonésie, mais on ne considère que ce qu’on voit de ses propres yeux. Bref, il reste largement de quoi étonner un européen dans les rues d’un village un peu retiré à Bali, au milieu des rizières et dans une végétation luxuriante. On a aussi réglé quelques questions d’intendance : louer deux scoots, commander à manger, changer de l’argent. On est prêts pour accueillir le grand.
Et nonobstant le paragraphe 2, ou plutôt le confirmant, une photo de jour du décor, ou du décorum.
03/05/2026
Retrouvailles émues avec le grand hier soir. Il était tendu, il avait une annonce à nous faire : une laotienne. OK. Du coup ce ne sera pas l’Australie dans 15 jours, mais la Suisse où vit la dame. Pour nous, c’est plus proche, clairement. Ça devrait me réjouir, avec aussi le fait principal que le fils ait rencontré quelqu’un. Mais je ne peux évacuer une certaine inquiétude. L’élue a 8 ans de plus que le gamin et a visiblement un caractère bien trempé. Malgré ses soulevés de terre à 200 kg, le grand a un cœur d’artichaut.
Cela étant, pour la journée en elle-même : Ubud centre et rizières en terrasses de Tegalalang. Ubud, c’est un immense brouhaha, un kolossal bordel, une agression. Les rizières en terrasses, un parc d’attraction où les touristes font de la balançoire, de la tyrolienne pour les plus fous, sur fond de rizières riquiqui aménagées pour eux. Mention spéciale pour les colons dans l’âme âqui se font photographier avec le chapeau chinois et les deux seaux reliés par un bambou devant un bassin de riz. Sinon les rizières existent bien, mais il faut ou randonner un tout petit peu, ou continuer plus loin sur la route. Elles sont moins instagrammables, mais vraies.
Vers 15h on avait faim. Le fils a fait la comédie pour qu’on entre dans le premier warung venu. La bouffe était exposée dehors, dans la fumée d’échappement, j’ai dit non. Spatz a cru bon d’argumenter : " papa est mal fichu". Merci. Au deuxième j’ai cédé. On a mangé une cuisse de poulet frite avec du riz et divers trucs tellement épicés que non, dans la douce musique du défilé ininteŕrompu des scooters, dans un décor assez sordide. Cette deuxième journée m’a éreinté.
04/05/2026
Visite d’une plantation de café. Encore un truc de touristes certes - et de toute façon : que serions-nous d’autre que des touristes ? Un truc fait pour les touristes donc, mais vraiment intéressant avec un vrai cultivateur, pédagogue et écolo de surcroît. On a appris plein de trucs sur le café, mais aussi la vanille, le ginseng, la citronnelle... (on a beaucoup fait parler le guide, on est tellement ignares !) puis on a dégusté la kopi luwak, le café qu’on récolte dans le caca d’une civette. Émis un doute sur la condition animale ; le guide nous a répondu que les civettes stressées ne mangeaient pas le café, donc qu’on les laissait libre toute la nuit... Quoiqu’il en soit : jamais bu un café aussi bon.
Ensuite, déjeuner à Sanur, 15h30, sur la plage, dans un warung occidentalisé. C’est les vacances merde ! Brise tropicale, lumière magique... on est pas mal.
Dîner au Hujan locale (#resto). Avec Spatz on a un truc à fêter : pour un cynique mondain, l’amour c’est trois ans, après on zappe ; pour les gens vrais, qui ne se regardent pas le nombril et pensent à évoluer, on peut atteindre les quatre décennies, et la limite est la fin de vie. Pour en revenir au restau : cuisine execllente, très raffinée, mais prix français.
05/05/2026
Forêt des singes. Oui, encore un parc d’attractions, mais de grande qualité. Difficile en effet de rivaliser avec les macaques pour le fun (qui n’exclut pas un regard réflexif sur l’humanité). Et puis l’îlot de forêt équatoriale qui les abrite est d’une grande majesté.
Ensuite on passe aux chutes de Kampo Lampo où on découvre une autre espèce de macaques : les homo selfiens, faisant la queue dans la rivière pour se faire prendre en photo sous la cascade, dans des poses de stars. Impressionnant, d’autant qu’on n’est pas au plus fort de la saison. L’envers du décor du monde Instagram est assez terrifiant. Et le féminisme a encore de belles marges de progression chez les femmes. En voyant ces naïades de réseaux se vendre dans le décor, j’ai cherché le patriarche, je ne l’ai pas trouvé. On va me dire que c’est le réseau lui-même, reflet de la société. Soit.
06/05/2026
Petit trip en scoot vers le Pura Ulun Danu Bratan, l’un des temples de Bali les plus recommandés, puis direction Munduk pour voir des plantation de girofliers.
Première étape : sortir d’Ubud. Une bonne heure, même en scoot. La circulation est un carnage à Bali. Trop de monde sur une petite île sans infrastructures appropriées. Heureusement, même si les essaims de scooters ont de quoi effrayer un pilote débutant ou néophyte, l’anarchie ambiante est plutôt douce ; ça déboule de la droite, de la gauche, mais tranquillou, sans agressivité. Tu fais ton truc dans le même esprit et tout se passe bien.
La route jusqu’au Pura Ulun n’est pas folichonne. Une campagne peu exotique et des petites échoppes toute moches. Arrivés sur le site du temple, c’est mieux déjà. Le décor du site est majestueux et le "temple" (lieu de culte en plein air) est agréable à contempler. Mais, mais " la privatisation des plus beaux angles de vue par des vendeurs de clichés Instagram et l’ajout d’espaces récréatifs criards gâchent un peu le plaisir.
Le reste de la route, vers Munduk donc, qui longe les lacs Buyan et Tambligan, est en revanche très plaisante. Le clou du spectacle, c’est le modeste temple au bord du lac Tambligan. Une petite merveille insulaire dans un décor de montagnes brumeuses. Waouh ! Et pas, ou très peu de touristes !