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Marathon Woman

plinous, le lundi 9 mars 2020.

Au croisement d’Ocean et de Broadway, sur Santa Monica Beach, j’attends la femme qui périple avec moi depuis plus de trente ans. Elle est partie, il y a deux heures, du Dodgers Stadium, accompagnée de 27 000 personnes qui partageaient cette jolie fixette : parcourir 26.2 miles, en courant.

Je ne sais encore à cette heure si le challenge sera tenu. Je suis là, avec ma cup de café de chaîne, un poil perdu, au milieu de latinos qui préparent des panneaux "felicitaciones". Je communique un peu, avec mon espagnol de vache anglaise, mais c’est tellement insuffisant pour dire à quel point je suis épris !

Ces bourrins de cops ont bloqué tous les accès à la finish line. Les premiers coureurs arrivent, certains sont estropiés. Je flippe un peu. Je veux le retrouver entier mon petit bout de femme, qui aura tant parcouru en mode "atypique" (coiffure avant la fac par exemple). Mais je n’ai pas le temps de développer, le défilé des survivants s’intensifie, je ne vais certes pas louper mon héroïne (toujours vivre avant de narrer).

Je reprends le fil un jour après, sur la terrasse de la chambre du Best Western à San Diego. Mon joli phénomène a donc parcouru la distance en quatre heures et demie, façon easy. Franchement, au milieu des robocops au ralenti et autres visages aspirés de l’intérieur, son sourire rayonnant et sa démarche fluide détonnaient ; phénomène je vous dis (les conures approuvent, qui gueulent sous les cheveux du palmier). C’était une grande journée, hier ; la journée de la femme. Ma femme pour l’éternité.