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Troie, le film

plinous, le lundi 1er août 2005.

Finalement j’ai vu Troie, le péplum avec Braaaaaaad. Encore une fois j’ai pu constater que je n’étais pas fichu de respecter les deux ou trois règles que je me suis moi-même fixées, dont celle-ci : ne pas porter de jugement avant d’avoir vu. C’est pourtant simple ! mais non, j’ai dû lire une bavouille blasée dans Télérama, plus le problème de crédibilité a priori (Achille - Brad Pitt...), et voilà, l’affaire était pliée. Or Troie est un très bon film. Certes, d’un point de vue cinématographique, on chercherait en vain l’invention. Mais ce qui est remarquable, c’est la restitution de l’esprit du récit homérique. L’Iliade revue par Hollywood, on attend des grecs et des troyens qui se bastonnent pour une gonzesse et à la fin la feinte du cheval avec un incendie. Et bien non, le film restitue parfaitement le conflit essentiel qui se joue dans L’Iliade, soit l’opposition de deux conceptions de la gloire, une conception archaïque incarnée par Achille, une vision plus "moderne" défendue par Hector. En effet, Achille représente le guerrier primitif, celui qui se bat pour sa gloire, pour faire résonner son nom dans l’avenir [1]. Hector, lui, se bat pour la gloire et la pérennité de sa cité. Hector a fondé une famille, il aime la paix. Achille est un chef de clan qui n’aime que la guerre. Hector, à la fois courageux et sage, est un personnage admirable pour Homère, mais on sent également dans son récit une fascination nostalgique pour Achille, le guerrier révolu. Mais j’ai déjà développé ça, revenons au film. Fidèle donc à l’esprit, la réalisation on ne peut plus classique est très efficace, impressionnante et parfois très belle, voir la scène de l’incendie du camp des grecs au moyen de boules d’étoupe enflammées ou le combat singulier Hector-Achille magnifiquement chorégraphié. Le jeu des acteurs est également subtil ; Pâris est pusillanime sans être odieusement lâche, Ménélas est con mais intègre ; même Achille n’est pas monolithique. Certaines scènes sont poignantes, notamment la séparation d’Hector et d’Andromaque. Le tout est assez grandiose et ne déshonore pas le sujet, loin de là. Un bon moment.

[1Cf aussi Maximus, bien plus tard, dans Gladiator, encourageant ses troupes : What we do in life echoes in eternity ; des propos qu’Achille n’aurait pas reniés.