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Le random tour
  1. sonnet 126
  2. Tiellement allumé !
  3. sonnet 328
  4. Non, rien de rien
  5. Les temps forts de la Nuit du Démon
  6. Colombe est ses deux schnocks
  7. Abécédaire philosophique
  8. Sensual Courbet
  9. sonnet 311
  10. sonnet 076




Les gazouillis en cours
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Accueil > Poésie > Kaputt mundi

Kaputt mundi

plinous, le samedi 12 mai 2018.

Dans l’avion vers la ville éternelle, quelques mots contingents ? Dire à nouveau que la vie est belle - un peu moins belle pour le migrant ? S’abstenir aussi, au-dessus des nuages, une autre option, sans doute très raisonnable, mais où gouverne la raison ? Allez, quelques graphèmes, que tu transformeras en phonèmes, conformément à la méthode officielle ; sans doute, tu ne comprendras pas tout quoique tu saches décoder, ce n’est pas grave : ce qui est écrit dans le ciel est toujours mal interprété.

Demi-siècle, tentation du bilan. Y renoncer. La fête aussi, où on dit "demi-siècle !" Juste un peu de rhum, en famille ; celui du vendredi, avancé au lundi. Pas de rétrospection, de pré-nécrologie, avanti ! Dix ans pour passer 80 kil au DC, voilà ! Ça c’est de l’ambition. On est si bien sous la barre ! Avec les tripes un peu fragiles, le cerveau gastrique sur-développé, il est insensé de vouloir exploser les niveaux. Avicii en témoigne qui fit danser le monde globalisé, et fut bouffé par le show. Aurea mediocritas ! Voilà le secret. Et tant pis si c’est aussi ce qu’on dit à la CFDT.

L’individualisme va nous tuer, c’est certain. Tout le monde veut son petit bonheur à deux francs, avec une BMW si ce n’est pas trop demander. Voyager aussi, se la jouer loup dispersant alors que le sauvage est si loin ! L’agriculture, qui nous empoisonne aujourd’hui, nous a dégénérés. Le mammouth et les myrtilles, c’était la fraternité ; le grain, les bêtes dénaturées : ce sont enclos, silos, commerce, castes, guerres, Rothschild, Macron. Oui, c’était mieux avant, mais c’était il y a très très très longtemps, avec le smilodon ; fallait quand même être prudent. Depuis les plantations et les herbages, nous salopons. Quand on sera 10 milliards, on suffoquera sous l’inflation - sauf quelques ultra-riches qui se seront offert leur Xanadu. Puisqu’on laisse faire, c’est qu’on s’en fout.

On se fixe des objectifs personnels, atteignables et tout à fait dérisoires. Par exemple, aller à Ostie en vespa pour se planter devant le pauvre monument Pasolini, faire son Nanni Moretti quoi ; avec Keith Jarett sur le porte-bagages ? Non, probablement pas. De l’idée quand même, on peut pas nier, même si tant d’autres ont déjà suivi le même chemin ; de l’imagination classe moyenne, c’est mieux que rien. Et puis foin de culpabilisation ! Allons, est-ce que les godillots en marche, les tragédiens de la dette, les innovants sur fonds de papa, enfin toute la start-up nation serait du genre à douter de son bon droit de jouir de la dolce vita ? Non, c’est sûr et en même temps certain.

Bon, c’est le début de la descente. Le voyant dit d’attacher sa ceinture. Hier, il y avait beaucoup de CRS devant la faculté. Ils venaient de déloger une soixantaine d’étudiants qui tentaient un revival 68, sans les mots et sans soutiens ; bilan : un doigt cassé. Ah si, ils avaient convergé avec les cheminots, mais va savoir pourquoi, cela faisait rire les collègues. Soit, mais... Oh ! La voilà ! Et le Tibre, qui a première vue doit bien valoir le Loir gaulois. Joie, amour. Roma.