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Le random tour
  1. Bonheur zaghouanesque
  2. Deneuvement
  3. sonnet 121
  4. sonnet 289
  5. La lune avait des trous
  6. Refusé 01 : Complaisance
  7. sonnet 191
  8. Marinade de vers villégiaturesques à la sociologie envieuse
  9. Mimosas II
  10. sonnet 252




Les gazouillis en cours
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Philosophie touristique

plinous, le vendredi 27 août 2010.

N’oublie pas : ton premier devoir en tant que Touriste est de rester en vie. [1]

Copy that, me disais-je, alors que mon corps avait fini par se graver en creux dans la chaise longue, sous le figuier, par un bon quarante degrés, un souffle d’air sous les doigts de pieds. Le bonheur peut prendre la forme d’un bon thriller. Or le bonheur est une bonne assurance-vie, croyez-en un bon touriste.

Mais de quel tourisme parle-t-on ? J’embrouille tout. Pour le tourisme version Steinhauer, voici la tonalité :

Il fallut moins de trois mois au sénateur Pleasance pour aller raconter, dans une émission de CNN, que ce cadeau aux militants chinois provenait en partie de la vente, à Francfort, d’héroïne afghane (il y en avait pour dix-huit millions de dollars), récoltée par des prisonniers politiques talibans gardée par l’armée américaine. [2]

Et plus précisément, le tourisme, ce sont les opérations secrètes de la CIA conduites à l’étranger par des éléments comme Milo Weaver, sorte de James Bond qui a pris du cul et qui voudrait avoir une vie de famille ! Dans le tourisme on flingue pas mal, ce qui détend, on est tordu bien sûr et complexe sur le plan ethico-psychologique. Suffisamment complexe à mon avis pour qu’il soit nécessaire de demander à des scénaristes d’instiller un peu de manichéisme dans l’histoire avant que George Clooney n’endosse le costume de Milo. Car franchement, le récit de Steinhauer a cette élégance : il ne nous bourre pas le mou avec des gentils et des méchants ; c’est la guerre (économique si on ne craint pas le pléonasme) et chacun pousse ses pions avec des changements de stratégie liés aux circonstances géopolitiques. Au milieu de cette chienlit les individus essaient de s’en tirer le mieux possible ; tous les moyens sont bons. Un récit réaliste donc.

Un réalisme qu’on retrouve y compris dans les notes plus légères :

Les italiens à la paupière lourde sifflaient et marmonnaient des invites à tous les culs féminins qu’ils voyaient passer. Pas au sien, toutefois. Les femmes enceintes leur rappelaient trop leur sainte mère qui leur avait tout passer. [3]

Une fine observation qui au-delà des italiens parlera à toute la Méditerranée, le berceau du tourisme.

Le touriste de Olen Steinhauer. Pocket. 2009

[1p. 566

[2p.111

[3p. 446