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  8. Flaubert, c’est le pied
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L’île du jour d’avant

plinous, le samedi 16 juillet 2005.

Un bon livre pour suer sur la plage : L’île du jour d’avant d’Umberto Eco. Tout résumé - qui constitue en soi une performance à saluer - donnera de ce livre une réduction alléchante ; de l’espionnage, de l’Histoire, du voyage, de la Géo, du mystère, de la physique, de la métaphysique... tout ça malaxé dans une fiction par l’errrudissimo Ecccccco, ma ! Qué programmo !

Ma qué chianto aussi, pas chianti du tout. Oh putain ! j’en ai bavé comme Roberto pour rejoindre son île. Comme lui encore j’ai persévéré jusqu’à la fin, histoire de contempler la boucle fictionnelle, une perspective toujours vertigineuse ; mais une fois posé le doigt sur la cinq centième page, plus qu’une joie intense liée à la découverte d’un nouveau monde, c’est un profond soulagement que j’ai ressenti, j’en avais enfin terminé avec ce pudding de digressions savantes !

J’ai lu quelque part que la critique italienne avait éreinté le bouquin parce qu’elle n’avait rien compris à la démarche d’Eco : Umberto serait un allégoriste plus qu’un romancier... Moi je ne sais pas ce que ça veut dire tout ça, il y a écrit "roman" sur la première page, dedans on a un narrateur (qui s’observe narrer), des personnages, un récit. Seulement le tout ressemble à un soufflet qui aurait raté, plein de cloques boursouflées sur le dessus et une grosse pâte pas cuite en dessous ; très indigeste. Pourtant, Ro(Um)berto, a sans doute voulu partir sur de bonnes bases :

Il s’éduquait à fuir l’affectation, à utiliser en chaque chose l’habileté de cacher l’art et la fatigue de manière que ce qu’il faisait ou disait apparût comme un don spontané... (P.156).

Essaie encore. Trois cents pages plus loin et autant de dissertations en tous genres (navigation maritime, médecine, horlogerie etc. etc.), une description de fonds marins ressemble à ça :

Des polypes ocellés, qui dans leur grouillement vermiculaire et lubrifié révélaient l’incardin d’une grande lèvre centrale, effleuraient des plantations d’olothuries albuginées au gland de passe-velours... (P. 405).

En même temps c’est marrant, la lèvre centrale et le gland, mais tout ce verbe connexe ! franchement fatigant. Cela dit, c’est certain, même raté, un bouquin comme ça vous enrichit. Mais quand même, à éviter avant la baignade.

L’Île du jour d’avant/Umberto Eco. - Livre de Poche.