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Sainte Thérèse des poisons

plinous, le mercredi 4 janvier 2006.

Thérèse Desqueyroux, oulala ! On sait que ça existe, que un jour faudrait peut-être y regarder, mais bon, on remet ; ce qu’on croit savoir refroidit salement : du roman psychologique écrit par un catho gaulliste polémiste à L’express y a longtemps... au secours ! Bien on a tort, comme toujours lorsqu’on croit savoir. Thérèse Desqueyroux n’a rien d’une Madame Bovary trempée dans l’eau bénite avec une casuistique à endormir les grands insomniaques ; c’est un miracle, comme le sont toutes les grandes oeuvres. Au début, on sort d’un palais de justice avec une criminelle, à la fin, on la connaît cette criminelle, mieux que ses proches, mieux que son mari. C’est dingue ! Ou plutôt, c’est le charme de la narration omnisciente, quand le style du narrateur vous fait oublier son imposture.

Mimer le désir, la joie, la fatigue bienheureuse, cela n’est pas donné à tous. Thérèse sut plier son corps à ces feintes et elle y goûtait un plaisir amer. [...] [Bernard] était enfermé dans son plaisir comme ces jeunes porcs charmants qu’il est drôle de regarder derrière la grille, lorsqu’ils reniflent de bonheur dans une auge. (C’était moi, l’auge, songe Thérèse). (P.51).

Camarades masochistes masculins qui aimez ces descriptions de la lourdeur taurine de notre espèce, toute cette page est pour vous !

Un autre cadeau, pour les égocentriques affranchis celui-là, qu’ils se mesurent à Thérèse :

Thérèse lisait dans la pensée de la jeune fille : Elle me méprise parce que je ne lui ai pas d’abord parlé de Marie [la fille de Thérèse]. Comment lui expliquer ? Elle ne comprendrait pas que je suis remplie de moi-même, que je m’occupe toute entière. Anne, elle, n’attend que d’avoir des enfants pour s’anéantir en eux, comme a fait sa mère, comme font toutes les femmes de la famille. Moi, il faut toujours que je me retrouve ; je m’efforce de me rejoindre... Anne oubliera son adolescence contre la mienne, les caresses de Jean Azévédo, dès le premier vagissement du marmot que va lui faire ce gnome, sans même enlever sa jaquette. (P.51).

Thérèse Desqueyroux /François Mauriac. - Livre de Poche.