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Nerval, commandeur du rêve

plinous, le vendredi 13 février 2009.

Du Gérard de Nerval d’Albert Béguin, je retiens cette idée : Nerval est certes un rêveur comme on l’a tant dit, mais pas un "doux rêveur" ; Nerval est un rêveur actif, un homme qui a voulu orienter le sens de ses rêves pour construire une oeuvre à partir des images obtenues.

Chez Nerval, l’effort accompli pour “diriger son rêve éternel au lieu de le subir” est un effort délibéré ; toute la grandeur d’Aurélia est dans la croissante conscience de cette lutte et dans l’intervention de plus en plus claire de la volonté. [1]

Je ne suis pas sûr d’être d’accord. S’il est patent en effet que Nerval s’est servi de la matière de ses rêves pour élaborer son œuvre - Les Filles du feu, Les Chimères et Aurélia pour le moins - je ne sais pas si on peut dire qu’il a pu "diriger" cette matière onirique. L’idée mérite toutefois d’être creusée.

D’autant qu’Albert Béguin dit des choses qui me paraissent très justes sur la poésie, notamment. Sa description du fonctionnement de poètes comme Nerval me parle particulièrement :

Ces poètes ne choisissent pas leurs mots ou leurs images selon quelque loi d’intelligibilité dont ils seraient convenus avec le commun des mortels : ils élisent ces sonorités et ces allusions, pour eux-mêmes intraduisibles, qui éveillent en eux les ondes infinies d’une émotion révélatrice : ce sera telle fleur, telle couleur, tel nom de dieu, ou même telle syllabe, qu’une association avec le souvenir tout personnel d’un instant favorisé chargera pour eux d’une valeur affective. Pour eux-seuls, semble-t-il d’abord ; mais s’ils sont de vrais magiciens et s’ils suivent en toute sincérité ces sortes de chocs intérieurs que font en tout homme certaines images, le miracle se produira et le lecteur saura que le poème lui parle d’une réalité profonde. [2]

[1 Gérard de Nerval /Albert Béguin - Librairie José Corti, 1986 ; p. 74.

[2op. cit. p. 66