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Le sang qui court est rouge

plinous, le mercredi 3 mars 2010.

Achevé Blood’s a rover.

Lire Ellroy est un vrai problème. Tout sera de la pisse d’âne, pendant un looooooong moment, après cette immersion. Une plongée dans le ça, le sale oui, mais aussi le sublime.

Je ne dirai pas grand chose de mieux que ce qui est dit là, donc voilà, ça c’est fait. Après j’ai surfé un peu plus profond, et pas grand chose... Beaucoup d’analyses littéraires ; on parle du style, on parle aussi de la question du mal, on n’oublie (toujours) pas la "psychologie des personnages" et on pointe ici la parenté évidente d’Ellroy et de Crutch, el pariguayo, le voyeur compulsif et faiblard, néanmoins "héros" de l’histoire.

Mais ce qui semble-t-il n’intéresse pas du tout les critiques, c’est la question sans doute trop triviale de la vérité. On ne se donne même pas la peine de relever l’horreur de ce qui est dépeint, un peu comme si Ellroy nous racontait une histoire de Maigret à Los Angeles. Dracula Hugues, Gay Edgar Hoover et les parrains de Las Vegas inventant de conserve une Amérique fasciste, ce n’est pas une toile de fond dans les tons pastels ! La construction avortée des casinos en République dominicaine, soutenue au départ par l’administration Nixon, est un récit effroyable avec esclaves fouettés, torturés, exécutés... et ne comptez pas sur James pour vous épargner les détails ! Les débarquements sauvages à Cuba, hmmm ! La coercition exercée sur tous les mouvements progressistes, déjà vue ? Sans doute pas avec l’intensité et la précision qu’apporte le récit d’Ellroy. Et justement, s’agissant d’un récit, on ne peut pas s’empêcher de vouloir démêler le vrai du faux là-dedans, en espérant qu’il y en a un peu quand même, du faux.

Du reste, il faut bien dire que James Ellroy est un type très zarbi. Je l’ai entendu un matin à la radio éructer que les condamnés des couloirs de la mort n’avaient que ce qu’ils méritaient, que les Rosenberg étaient coupables, comme Sacco et Vanzetti ! Le monsieur se claironne de droite, de droite droite, pas de demi-mesure. Pourtant, la plus belle figure de Blood’s a rover est une combattante gauchiste dont Crutch-Ellroy finit par tomber amoureux. Et c’est clairement cette femme rousse et rouge qui porte à la fin du livre l’espoir, et même la vie. Schizophrénie ?

Blood’s a rover /James Ellroy. - Century 2009.