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Janvier 2026

01/01/2026

La relation de cette journée va être assez courte. Spatz étant encore faible, pas plus de repas ce midi que de réveillon hier soir. Un peu de télé, un peu de bouquinage, quelques conversations et message d’actualité, soit "la santé surtout", avec quand même une séance plus exotique et émotionnelle avec l’aîné actuellement à Cebu (Philippines).

Sinon, j’ai attaqué un énième visionnage de Eyes wide shut. Ma playlist, toujours en aléatoire, m’a ressorti le Masked Ball de Jocelyn Pook, illico j’ai décidé de replonger.

02/01/2026

Spatz a pu voir son médecin. Un 2 janvier dans un pays où la médecine est en ruines, c’est un exploit. Il était temps. 8,5 de tension, il est clair qu’elle n’aurait pas remonté la pente toute seule. Traitement de choc et arrêt de travail. Elle est bien cassée ma petite femme !

Terminé Eyes wide shut. J’avais oublié - il faut le faire ! - que ce film était le film qui s’achève sur un "fuck". Des océans d’encre ont coulé à ce propos, alors je fais rapide : tout bien pesé, ce ridicule "fuck" est une erreur. Le film est somptueux de bout en bout, sa conclusion le ravale au niveau des cuistres et des insensibles. Les premiers peuvent se sentir à la hauteur du cinéaste, les seconds peuvent soupirer : "tout ça pour ça" !

03/01/2026

Préparé un pot-au-feu, une poule au pot et un gâteau aux amandes. Spatz a besoin de forces, je vais lui en donner.

Sinon, j’ai fait plusieurs tentatives de come-back sur Chess.com ; je me suis fait laminer à chaque fois. Je suis passé sous la barre des 700 elo et me suis fait battre à ce niveau par un Indien, qui a sorti sa dame très tôt comme il se doit. Je n’ai jamais été un cador à ce jeu, mais quand je jouais, un peu, après que mon cadet m’eut donné le virus, j’étais à 1200. Là, c’est comme si le subconscient disait non ; suffisamment de choses à faire, tu ne vas pas reperdre du temps avec ce jeu qui ne détend même pas ; regarde : encore perdu ! Sévère le gendarme !

04/01/2026

Je n’ai pas vraiment une vie à écrire un journal, c’est évident. Je vais m’y tenir nonobstant, même si une journée comme celle-ci me laisse perplexe devant l’écran... Quoi, franchement ? Dire la salle de gym le matin, le pot-au-feu ce midi, les tentatives de lecture plusieurs fois interrompues par la chute (littérale) des Essais ? Raconter le repassage - option adoptée une fois constatée l’impossibilité de lire trois paragraphes d’affilée ? Non, hein ? Ou un peu quand même puisqu’on est en pleine prétérition.

À défaut d’avoir une activité à raconter, je vais évoquer l’obsession montante : tester une drogue psychédélique d’origine naturelle, ibogaïne, 5-MeO-DMT, ayahuasca... Je sens comme un appel. Reste que je aucune idée de la faisabilité de la chose. Oui, je connais Internet, mais je cherche des gens sérieux qui assurent, outre la logistique de la chose, une discrétion certaine. Bon, j’ai un os à ronger.

05/01/2026

Reprise du taf avec du "meilleurs vœux" en veux-tu en voilà ; de saison. Trois entretiens de recrutement dans la journée pour un poste de GRC, dont deux fructueux. C’est la rengaine ces entretiens, mais quand on n’a que l’embarras du choix à l’issue d’une session, on a un vrai motif de satisfaction.

Il fait très froid, je n’aime pas ça.

06/01/2026

Aujourd’hui c’était les vœux de la DG, mais il fallait quand même que je parle, avant, parce qu’on attend du directeur qu’il parle. Non, "meilleurs vœux" ne suffit pas. Il faut donner quelques perspectives et avoir un mot marrant. Il ne faut pas trop parler non plus, parce que les gens fatiguent vite désormais, et puis la DG parle après. Dix minutes, c’est bien pour une première première partie de la DG, un bout de perspective, un truc marrant et des remerciements. Toujours des remerciements. Et la santé surtout.

Après le discours de la DG j’ai remercié l’assistante, qui a commandé les petits-fours. Puis j’ai ouvert les bouteilles de cidre. Les gens avaient l’air contents. Les petits fours étaient bons. Le sucré aussi. La tarte poire-amandes a fait l’unanimité. Il y avait trop de tout. Les gens étaient contents.

07/01/2026

La déesse a fait un saut au taf aujourd’hui, pour récupérer quelques effets personnels et faire un test en ce jour de fort télétravail où elle ne risquait pas de croiser grand monde : se sentirait-elle de reprendre ? Son médecin l’a arrêtée encore trois semaines. À voir l’état du pauvre petit oiseau blessé, qui a bien perdu dix kilos et qui combat en permanence contre les montées de sanglots, je me dis que ces trois semaines ne suffiront probablement pas à lui donner la force d’affronter la vie professionnelle, même dans un environnement bienveillant.

Elle me donne des nouvelles du front, le sien, où elle affronte les fantômes de sa vie avec le psychopathe, des problèmes de santé, des enfants affectés... C’est chargé. J’essaie comme toujours de trouver des mots de réconfort, de conseiller subtilement, mais surtout j’écoute. Un moment, on se prend dans les bras. L’effet produit sur moi est très puissant. Mais je suis solide sur mes appuis, je veux l’aider, autant que je peux ; mes états d’âmes, je me les garde ; dans son état, elle a besoin de gens droits, empathiques et généreux.

08/01/2026

Quatre entretiens de calinothérapie aujourd’hui (la DRH balance des avis de renouvellement de contrats ; ça peut être bien d’accompagner un peu et de dire aux personnes concernées qu’on les renouvelle parce qu’on est content de leur travail...). Codir, puis une autre petite réunion. Une belle journée de position assise, et de vent - pas que mais un petit peu quand même).

9 km dans la nuit (run) pour évacuer. Et voilà, il est l’heure d’attaquer le gratin de patates douces.

09/01/2026

Codir DG + entretien mensuel, DG également ; journée chargée. Nouveaux objectifs qu’une N-2 pourtant expérimentée a déjà décrétés "inatteignables". Passé un certain âge, on n’a plus le droit de ne pas comprendre le jeu professionnel : on te met en tension pour que le schmilblick avance ; tu fais avancer le schmilblick, ton objectif est atteint. C’est la mise en mouvement qui est visée, pas l’atteinte de l’objectif tel qu’initialement fixé. L’idéal ne s’atteint pas, c’est un horizon. Mais si tu mets un pied devant l’autre, quels que soient les aléas de projet que tu rencontres, tu verras au bout d’un moment qu’un chemin a été parcouru et que c’est ce cheminement qu’on te demande. Au final, tu ne seras peut-être pas dans les délais, la réalisation ne sera peut-être pas complètement conforme au cahier des charges, mais ton parcours aura fait progresser la structure. Et en plus qui sait ? Tu seras peut-être quasi conforme et dans les temps...

Après c’est vendredi soir, l’apéro et le Marcillac attendus depuis cinq jours son muy apreciados (je ne saurais expliquer cette incursion approximativement espagnole). Après, c’est internet et pathétique.

10/01/2026

Une excellente galette frangipane à la pistache, Spatz complètement rétablie a eu la fève. Réparation d’un volet roulant avec le proprio.

C’eut été à peu près tout pour aujourd’hui si, sur les conseils de Spatz, je n’avais pas regardé Danger Dave, film documentaire de Philippe Petit. On y suit David Martelleur, skater professionnel en fin de parcours, qui alterne free parties destroy et acharnement à chuter sur tous les terrains skatables - ou presque pour certains. Clairement, on pourra évoquer la tarte à la crème du "perdant magnifique" pour ce film râpeux dont la forme - et sans doute le budget - est parfaitement raccord avec le parcours de son "héros". Reste que les images souvent saccadées de Petit réussissent à générer une empathie étonnante pour ce type ingérable qui refuse de quitter la scène - car sa scène à lui, c’est la liberté. Bon, le Slight Night Shiver de M83 donne le coup de main pour l’émotion, mais quand même, il y a quelque chose de discrètement bouleversant dans ce film-docu.

11/01/2026

J’adjouste, mais je ne corrige pas. [1]

Pareil, je ne corrige rien de ce que je publie une fois ici, à l’exception de cette explication. Car oui, ce chantier permanent qu’est le plinous.org nécessite une révision régulière de sa notice. Comme en ce moment il y a quelques clics sur le point d’interrogation du pied de page inférieur (cf. plus bas donc), je me suis décidé à reprendre le laïus explicatif pour l’actualiser.

Et pour le reste : matin salle de gym, aprem balade en couple le long de la Garonne.

12/01/2026

J’ai un faible pour l’étymologie. Et comme Pascal Quignard, je me laisse volontiers aller des rêveries scientifiquement peu fondées. Exemple : je suis tombé sur une définition de marvel qui donnait en substance cette origine : dérivé du français merveille, lui-même issu du latin mirabilia. Simple. Sauf que sur un autre site, je lis cela : dérivé de marv (« mort »), avec le suffixe -el. Attention, il s’agit d’une étymologie bretonne. N’empêche, considérant que merveille en moyen français signifie : "fait qui frappe d’étonnement", et que mortel dans la langue courante peut avoir le sens d’ "incroyable" (trop mortel !), on peut imaginer un sème oublié à la base du marv breton et du mirabilia latin.

À part ça beaucoup de boulot et demain c’est Poitiers...

13/01/2026

Cinq heures de route. Heureusement que France Culture existe. Une heure sur l’histoire du flash (en photo), une autre avec Montaigne ; belle évasion. Dans l’émission sur Montaigne, les deux pontes, Blandine Perona et Antoine Compagnon y sont allés un moment de leur éloge attendri du Miroirs d’encre de Michel Beaujour, peut-être le bouquin le plus imbitable que j’aie tenté de lire en fac. Il faudrait que je retente le coup ; peut-être qu’il faut être vieux pour lire ça.

Après c’est six heures de réunion dont une de recadrage. Et encore après, on (les directeurs op.) défonçons le buffet du Campanile, et buvons.

14/01/2026

Le journal nait de la solitude et de l’angoisse. [2]

Oui, chez moi c’est sans doute vrai pour l’ensemble de la production. Donc après midi France Culture dans le gros SUV (limite utilitaire) de service, Les pieds sur terre, Être et savoir, super ! Après je décroche un peu quand même, j’entrecoupe la littérature argentine et la mathématicienne avec du défilement de bande FM et même des moments d’extinction de la radio où je parle tout seul. Le matin, c’était trois heures et demi d’infos descendantes (durant lesquelles je règle les affaires courantes du taf sur le laptop). C’est normal qu’au bout d’un moment le cerveau partiellement occupé par la conduite réclame du vieux tube sur une radio ringarde, quitte à revenir après au culturel.

Ce soir Spatz a fait des lasagnes. Il restait un verre de Marcillac. Journée fatigante avec happy ending.

15/01/2026

La journée a bien commencé. Entretien de recrutement. Au bout de 2mn, on sait que c’est non. On tente d’abréger, mais rien à faire, la dame horripilante veut rentabiliser son déplacement. Cinquante minutes de perdues.

Et après, les joies de l’humain. Une N-2, plutôt une collègue de plus de quinze ans, souhaite me parler d’ "une chose délicate"... Deux de ces agentes ont reçu, l’une puis l’autre, des messages incongrus de notre technicien, un brave monsieur d’âge canonique comme moi. La première a envoyé un stop très clair, fin des messages. La seconde a fait de même et obtient le même résultat, mais, constatant que le monsieur n’est pas revenu sur site (arrêt maladie), s’inquiète : est-ce que je n’ai pas été trop sèche ? Ma collègue a bien remis l’église au milieu du village : ce n’est pas à la personne qui reçoit des hommages lourdauds et répétés de s’inquiéter des états d’âmes du galant éconduit. Soit. Je lui demande de vérifier auprès de ces agentes que les messages reçus étaient, quoique insistants, corrects dans la forme. Si on a un soupirant qui se déclare poliment puis respecte le "non", on n’a pas de problème, même s’il reste à espérer qu’il n’écrive pas à toutes les femmes de la boite. En revanche, si la forme est discutable ou douteuse, je serais amené à convoquer le monsieur... J’ai la réponse un peu plus tard : la forme est douteuse, mais surtout risible, et les deux agentes y voient essentiellement de la maladresse grossière. Bon, on va laisser une chance à l’énergumène (bon technicien par ailleurs).

Mais foin de conneries taffiennes, une ponte.

16/01/2026

RAS. Journée de travail juste coupée par un passage à la salle (de gym) à une heure de faible affluence, soit en plein dans ce qui est pour les personnels une "plage fixe". Oui, chef, c’est beaucoup de petites choses fatigantes, de petites contrariétés, mais c’est aussi ce truc que vous achetez cher : une certaine liberté.

Ensuite c’est vendredi soir et fuck le dry january : whisky-amaretto (cocktail d’affranchi) et Fronsac. Je me réveille au milieu d’une série Netflix. Il faudra que je reprenne les épisodes précédents (ou pas).

17/01/2026

On est dans ce qui s’en va. [3]

Vu Le Chant des forêts de Vincent Munier à l’Utopia (qui mérite un mauvais point pour ne pas signaler aux spectateurs un problème technique : la persistance d’un petit trait bleu dû soit à une altération de la copie, soit à un dégradation de l’écran). Le film est absolument magnifique, et bouleversant. Deux trois tirades didactiques en trop peut-être, mais rien de méchant, et puis l’époque est au combat. Pour celles et ceux qui ne l’auraient pas vu, bien préciser une chose : ce Chant des forêts n’est pas un documentaire animalier. Certes on y voit, on y aperçoit, on y devine, on y entend des animaux. Mais l’objet du film, c’est la beauté. La brume, la condensation, les poussières de l’air, un fil d’araignée, une onde sur l’eau, un tronc vermoulu sont autant à l’honneur qu’un lynx ou un grand-duc. On pourrait dire que c’est un film de photographe, si le son n’y jouait pas un rôle si essentiel, conformément à ce qu’annonce le titre. C’est un film d’esthète, d’un esthète qui sait partager, qui sait partager ses surprises, ses émois, son émerveillement. Et le résultat est beau à pleurer.

18/01/2026

Les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les reigles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faictes sans elles. [4]

Je dis pareillement qu’on ayme un corps sans ame ou sans sentiment quand on ayme un corps sans son consentement. [5]

La plus utile et honnorable science et occupation à une femme, c’est la science du mesnage. [6]

Montaigne le conservateur a des sorties plutôt modernes parfois. Montaigne #meToo quasiment ! Et pas de contresens sur le terme "mesnage" de la dernière citation. Il ne s’agit pas de balai ou de vaisselle, mais du management de la maison, y compris pour ce qui touche au budget. Et la "maison" de Montaigne, c’est plutôt un domaine. Montaigne dit qu’il convient de faire confiance aux femmes pour gérer des entreprises (familiales ou domaniales) et ne pas les cantonner à la science de leurs toilettes (tenues, vêtements). Certes, ce n’est pas complètement désintéressé, parce que pendant que madame manage, monsieur peut aller par monts et par vaux. La modernité n’exclut pas le pragmatisme.

19/01/2026

J’en arrivais presque à conclure qu’un pseudonyme ne suffisait pas, comme moyen d’expression littéraire, et qu’il fallait encore écrire des livres. [7]

À défaut de livres, au moins un journal... Mais que voulez-vous ? La vie d’un attaché, même principal, peut être tellement vide certains jours que même le journal c’est difficile. Obligé d’aller chercher dans le carnet à citations pour ne pas laisser le jour vide.

Mon aîné est à Camiguin (Philippines) où il a fait "une randonnée de fou", seul avec le guide. La semaine dernière il avait connu "le meilleur free dive de sa vie" à Bohol. Il y a un trois semaines il était au Vietnam, un mois avant en Thaïlande, dans un mois il sera à Taïwan, dans deux mois au Japon... Je lui ai demandé s’il bossait un peu malgré tout. Il m’a répondu que non, pas vraiment. Ça m’a fait rire. Franchement, que lui dire ? Qu’il a tort de vivre sa fin de vingtaine ? Surtout que ce n’est pas le fils à papa (et/ou à maman). Des années déjà qu’il est complètement autonome. Son voyage, il l’a financé, comme son ironman l’an dernier, en remplissant des camions la nuit entre autres boulots fun. Toujours est-il que lui, je pense, n’aurait aucune difficulté à remplir la page du jour de son carnet, s’il en tenait un.

20/01/2026

Codir élargi de site ce matin. Je préside ça comme un caïd depuis un moment, et déjà je ne savoure plus mon assurance ; la routine n’excite personne. Et rien d’autre pour la journée, sauf à mentionner un misérable full body Gym Direct ce midi avant de manger.

Si, il y aurait le petit déj avec CNN. Mais est-ce que l’actualité internationale rentre dans le scope du diariste ? Si elle provoque une émotion, pourquoi pas. OK. Donc c’est l’animateur de "The story is" qui interviewe un spécialiste des relations internationales. Un moment il est question de la tension entre les États-Unis et l’Europe au sujet du Groenland. Le journaliste demande à l’expert si les Européens pourraient envisager un conflit avec les États-Unis. En substance ce dernier répond qu’ils pourraient y être forcés. Et l’intervieweur estomaqué et un brin condescendant : "but could they win?". Hein ? Franchement ? Ces trous-du-cul ont sans doute raison de s’offusquer des pratiques de Trump, mais de là à jouer les fiers-à-bras, sérieusement ? Qu’on en soit à poser la question d’une guerre américano-européenne, c’est proprement hallucinant, et ça pique le matin. Mais ce qui déprime tout à fait, c’est la faiblesse voire l’ambiguïté de la réaction d’une majorité d’américains.

21/01/2026

Le solstice a un mois, le rallongement des jours devrait devenir sensible. Ce sera plus simple pour caser une heure de sport dans la journée. C’est vrai qu’aujourd’hui je suis resté l’après-midi à la maison, mais tout chef que je sois, je ne peux pas me permettre ça tous les jours.

Deux petits faits tafiens un peu pénibles, des choses RH évidemment :
- la gestionnaire qui veut discuter avec son chef de sa revalorisation triennale. Avec un avis dithyrambique, que j’ai signé, on lui accorde 15 € d’augmentation mensuelle. La collègue ne se sent pas vraiment reconnue dans son travail. Moi non plus, qui ait donné un avis sur lequel la DRH s’est assis. Mais ce n’est évidemment pas pour moi que la chose est la plus désolante.
- mon N-1 catho, éternellement en quête de reconnaissance, qui décide de faire un don de congés au profit d’une collègue absente pour cause de problème familial. Touché par la grâce sûrement. Si soudainement qu’il ne s’est soucié ni du consentement de la collègue, ni surtout du précédent créé. Quand on est chef et qu’on fait un cadeau à un agent, il faut être capable de le faire pour tous. Et quid des managers, ou même de tous les personnels, que le geste n’inspirera pas, et qui voudront conserver leurs droits à congés. On les voue aux gémonies ?

22/01/2026

Codir bien chaud aujourd’hui. Mon N-1 donneur de jours de congés, qui fait mine de ne pas comprendre que ses "décisions personnelles" influent sur le collectif, finit de péter un câble en nous opposant sa foi, le joker de tous les croyants. Je lui fais un rappel à la laïcité, en mode directeur. Après moult mouvements faciaux des plus étonnants, c’est la descente du firmament, le retour au calme, et finalement le renoncement au don - ce que je n’avais pas demandé. Je crois que mes arguments et ceux de mon autre N-1 ont porté. Jusqu’à la prochaine crise d’imitation du Christ.

Sinon la guerre se rapproche. Ce soir c’est Stéphane Audoin-Rouzeau, fils de surréaliste, qui le dit.

Un jour ou l’autre il faudra qu’il y ait la guerre
On le sait bien
On n’aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c’est le destin [8]

23/01/2026

Diner aux très prétentieuses Caves de la Maréchale (#resto).

Positivons d’abord : c’est un lieu, indéniablement, une superbe cave voûtée toulousaine aux belles briquettes rouges-roses-ocres, qui plus est saine (ce n’est pas le cas de toutes les caves de Toulouse) ; il y a aussi un pianiste, qui joue une musique de restaurant (des standards ou des musiques de film jazzifiés) mais perso j’aime bien, un petit cover du Clan des Siciliens avec sa margarita, c’est un plus.

Mais ces Caves - une institution selon le serveur - sont aussi censés proposer une cuisine gastronomique. Et là, on est dans l’esbroufe institutionnelle. Le menu à 45 € serait proposé partout ailleurs entre 20 et 30 €. Mais le plus grave, c’est qu’il est mesquin ce menu. Les parts sont chiches, la recherche surjouée jusqu’à la gênance, les ingrédients communs. Le service en un mot ? Oui, c’est sale de balancer. Alors juste une anecdote : "Bon les jeunes (admettons, de l’humour), on va faire simple : votre bon cadeau est de 120 €, donc vous prenez ce que vous voulez et à la fin on retire les 120 € de l’addition". C’est comme ça qu’on sait que maman nous a fait un cadeau de 120 €. Top délicatesse !

À la fin, il restait 6 € à notre charge. Soit, un peu mesquin encore non ? Sur le comptoir, une grosse boite à "tips". Alors, j’ai laissé un pourboire, parce que je suis trop con. On a repris l’escalier glacial et le corridor genre boite à partouze, on est repassé devant les toilettes ouvertes et pas nickel, on a quitté la petite cour intérieure négligée est pas éclairée, bye-bye à jamais Les caves ! Après, on peut se dire que pour 8 € on a dû passer quand même une bonne soirée. Oui, mais non. J’aime pas qu’on insulte ma mère.

24/01/2026

Deux heures et demie dans un hypermarché ce matin, tout ça pour profiter d’un bon de 12 € pour 120 € d’achat ! Où la mesquinerie nous conduit-elle ? Une heure et demie de vie perdue pour douze balles et le droit de surconsommer... Enfin la leçon est retenue. Plus jamais ! Juste un mot à Carrefour et aux autres : le modèle des hyper est en perte de vitesse, n’est-ce pas ? Alors arrêtez les vielles conneries qui consistent à perdre le client dans les rayons et à masquer vos ruptures par du facing, induisant de la recherche pour un produit qui n’est tout simplement pas là. Et puis épargnez-nous les camelots qui agitent des cloches ou hurlent leur choucroute artisanale ; on n’est pas au marché, juste dans un hangar suréclairé.

Et le soir, sans forcément de causalité, endormissement devant Freud, la dernière confession de Matt Brown. Oui, Anthony Hopkins est formidable, et Matthew Goode aussi en apologiste chrétien (lâche et insidieux comme il se doit), mais le film est trop scolaire. Un cinéaste peut vouloir s’effacer devant son histoire, simplement filmer un propos, une période... mais une petite touche perso, ou un éclairage exceptionnel, ou une musique envoûtante... ça ne eut pas nuire non plus, surtout dans un quasi huis-clos.

25/01/2026

Nouveau dimanche salle et Montaigne, avec un excellent crumble aux fruits rouges ce midi.

26/01/2026

Lu un article dans Le Monde recensant un livre de journalistes (du Monde) sur Renaud Camus, livre au titre grandiloquent (L’homme par qui la peste arriva - je pense que le chantre du grand remplacement n’en demandait pas tant) et... c’est tout ; l’article n’était pas intéressant et je ne lirai pas le livre. Toutefois, l’évocation du gay souverainiste m’a donné envie de revoir ce morceau de bravoure de Charles Consigny chez Ruquier en 2017 [9]. À la minute 23, Consigny se met à citer de mémoire (moment sans doute préparé, je ne suis pas naïf, mais qu’importe) un extrait du journal de Camus (le nationaliste cuir), et c’est sublime, tout simplement. Du coup, j’ai voulu aller lire le journal en ligne de la vieille folle franchouilliste, et là, surprise ! accès payant ! Là, bien sûr, je me suis mis à cogiter...

27/01/2026

Directeur, ça consiste à éponger. Éponger la tristesse de la déesse qui a tenu à reprendre a mi-temps, sans aide chimique, alors que la menace submersive du vague à l’âme est au plus haut ; éponger la déception de la jeune femme en renfort qui ne verra pas son contrat reconduit malgré le soutien de sa hiérarchie ; éponger la mauvaise foi des OS qui défendent l’indéfendable pour exister ; éponger la peur des cheffes de projets qui voient avec effroi le temps filer et les deadlines se rapprocher... Il est bien gorgé le directeur à la fin de la journée. Qui ou quoi pour l’essorer ? Le journal ? Oui, c’était l’idée. Mais sincèrement, la fonte à la salle ou la course à la Ramée sont bien plus efficaces.

28/01/2026

Journée à fort enjeux. Une réunion avec la DG pour lui faire valider la création d’un module scientifique, projet peu impactant pour le site, mais bon, entretien avec la DG quand même, enjeu de crédibilité. Puis deux réunions importantes avec la DRH. La première pour discuter d’une réponse à apporter à la guérisseuse du travail ; elle sera minimale, la réponse, et on ne fera pas bosser le cabinet des copains parasites vendeurs de thérapies de groupes et autres cérémonies empathiques ; victoire 1. La seconde pour sauver deux postes, enfin postes... un contrat de projet et un renfort de six mois ; pseudos postes sauvés ; victoire 2.

Je vole une heure pour faire le tour de l’étang, pompeusement appelé lac, puis je m’y remets. J’ai fait digérer au N-1 la tenue d’une réunion avec deux composantes de son service pour inviter les personnels à s’exprimer (c’était ça ou le cabinet de parasites). Je rédige l’intro de la réunion et les éléments de langages guidants pour que celle-ci débouche sur une sortie de crise. Il s’agit que tout le monde en sorte la tête haute : les deux trois bras cassés qui ont vomi du chef au dispensaire, et les chefs dénigrés qui doivent accepter ce moment d’échange sous l’égide du directeur (ravaler sa fierté : compétence phare du manageur).

29/01/2026

Pot de départ du trentenaire bulldozer qui me rappelle mon aîné. Pas mal de monde malgré le télétravail, gros saladiers de madeleines au chocolat et cookies maison. Le N+2 (mon N-1) parle en premier, je lui emboite le pas pour dire sensiblement la même chose mais en mieux, le bulldog prend la parole avant sa N+1 pour cause d’émotion qui monte, la N+1, limite, clôt le bal. Curieux, intelligent (c’est un peu pareil), entreprenant, méga-chiant, ce garçon a vraiment progressé en cinq ans de boite. La guérisseuse du travail dira ce qu’elle veut, mais il en aura fallu de la bienveillance managériale pour aider cet énergumène à trouver ses marques, à canaliser son énergie. Après, aide-toi le ciel t’aidera. C’est aussi parce que le gars s’est intéressé au fonctionnement du site, à ses process, à ses finalités, n’hésitant pas à s’investir dans des missions annexes tournées sur le bien-être des personnels qu’on a pu avoir quelque chose à mettre dans la balance pour compenser ces débordements. Débordements qui ont quasi disparu avec le temps. Travailler dans un lieu où la pédagogie est reine aura bien fait progresser ce numéro, quasi mascotte du site. La cause de son départ : l’envie de progresser, de voir autre chose. Mais aussi, et peut-être surtout, une histoire d’amour naufragé. Les histoires d’amour au taf finissent mal en général - ou pas, trop de Rita (Mitsouko) dans la tête. Mais bon, quand elles finissent, il ne fait plus bon travailler dans un endroit ou on croise son ex tous les jours.

Et sinon j’apprends que les bélugas ne voleront plus. C’est bien triste, ces monstres blancs dans le ciel ont fait partie de mes premiers émois toulousains.

Dernière chose, qui a dit qu’on n’apprenait rien en scrollant ? Un britannique vient de m’apprendre une expression apparemment très connue (soit) : "Bob’s your uncle" pour dire "et voilà !", "le tour est joué".

Bob’s your uncle !

30/01/2026

Encore réussi à voler une heure - une heure vingt avec le trajet - pour aller à la salle en pleine après-midi, à une heure où on peut encore prétendre investir un bac de développé couché. Je suis abonné à la chaine la plus popu, celle qui offre les sacs qu’on voit partout ; c’est correct à condition de ne pas utiliser les douches et d’oublier les plages 12H-14H et 17H-20H, soit les heures les plus appropriées pour les esclaves - les salariés.

Aux actus, il y a ces 71 000 morts palestiniens depuis octobre 2023, chiffre si mollement contesté par les autorités israéliennes qu’on peut le considérer crédible, d’autant qu’une part des morts ensevelis n’est pas comptabilisée. Le 7 octobre 2023, des groupes armés palestiniens dont le Hamas ont tué environ 1 140 israéliens. Cet acte de guerre barbare (sans doute un pléonasme) ne pouvait pas rester sans réponse. Israël aurait éliminé un à un les dirigeants et membres de ces groupes, même en faisant ici et là quelques dommages collatéraux, je n’aurais rien trouvé à y redire. Mais le bombardement de populations civiles, l’organisation de la famine, des privations de soin, les enlèvements et la torture systématique, et 71 000 morts (à ce jour), c’est quoi, sinon une entreprise génocidaire ?

Beaucoup plus léger, j’en reviens à mon scrolling du soir (20 min max, qu’on ne parle pas d’addiction !), où ne défileraient que des conneries et des nénettes aguicheuses... Je maintiens que j’y apprends aussi des choses. Le manuscrit de Voynich par exemple, connaissez ?

31/01/2026

Après-midi galette chez les proprios. On est 6, il y a deux gâteaux des rois (on appelle ça des brioches rondes hors de l’Occitanie) - une maison, une d’un pâtissier réputé - une frangipane et une frangipane pistache, soit environ 32 part généreuses. On est six, avec du cidre et du Jurançon mais quand même.

Le cadet voulait des crêpes, un peu en avance sur la Chandeleur. 19H30, on attaque les crêpes. Une salée d’abord, avec jambon, béchamel et gruyère, puis les sucrées, compote, confiture, Nutella alternatif... Vin rouge, puis rhum.

21h26. DJ Set at Sunset in the French Riviera sur la plateforme à pubs. Coma. Quelle quantité de sucre ai-je ingéré aujourd’hui ? Hébétement.

[1Montaigne, Essais, Livre III, chapitre IX.

[2Marie Darrieussecq sur France Culture ce jour.

[3Michel Munier dans Le Chant des forêts, film de Vincent Munier

[4Montaigne, Essais, livre III, chapitre 5.

[5Montaigne, Essais, livre III, chapitre 5.

[6Montaigne, Essais, livre III, chapitre 9.

[7Romain Gary, La Promesse de l’aube.

[8Nino Ferrer, Le Sud.

[9Charles Consigny - On n’est pas couché 3 juin 2017 #ONPC

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