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  9. sonnet 049
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Flaubert, critique (notes)

plinous, le lundi 13 avril 2015.

DE BIASI et al. Voir, croire, savoir : Les épistémologies de la création chez Gustave Flaubert ; de Gruyter, 2015

HINDEMITH Gesine : L’iconicité : une stratégie textuelle dans L’Éducation sentimentale

Extrait du Nil de Du Camp : "En haut des degrés, Koutchouk-Hânem m’attendait. Je la vis en levant la tête ; ce fut comme une apparition."

Cette réminiscence qui refait surface avec le surgissement de Mme Arnoux est particulièrement signifiante si on prend en considération la fin de L’Éducation [...] Dès la jeunesse de Frédéric, le Projet de l’amour est lié à la prostitution. [...] la possibilité que [Marie Arnoux] puisse être une prostituée est déjà présente dans les scénarios primitifs du roman comme de Biasi l’a montré. [1]

VINKEN Barbara : L’iconographie mariale dans L’Éducation sentimentale

Le texte reste ambivalent quant à la question de savoir si l’éclat qui ravit Frédéric est l’éclat des yeux de Mme Arnoux qui se répand dans son âme ou s’il est aveuglé par l’apparition : "dans l’éblouissement que lui envoyèrent ses yeux". [2]

Le travail du texte consiste à littéraliser le spirituel et se résume dans le coffret d’argent ciselé, métaphore du sexe de Mme Arnoux, qui, avec un peu de blanc d’Espagne - encore le registre oriental - , brillera et sera acheté par Mme Dambreuse [3] .

L’élément marial est déformé au sens propre du terme dans le nom du vin qu’Arnoux sert à ses dîners. Le vin du Rhin appelé Liebfrauenmilch, qui était alors très à la mode - "vins extraordinaires" - et qui n’était pas encore devenu le vin doux qui vous donne mal à la tête, apparaît dans le texte sous forme de "lip-fraoli" [4].

DÜNNE Jörg : L’"insensibilité révoltante" du corps humain

L’homme pour Flaubert, c’est peut-être cela : un mannequin irritable voué à la bêtise, mais capable, en s’identifiant à la souffrance des autres, de grandes effusions sentimentales [5].

HERSCHBERG PIERROT Anne Flaubert : Éthique et esthétique ; Presses Universitaires de Vincennes, 2012

GAILLARD Françoise : Qui a tué Madame Bovary ?

Emma ne confond nullement la vie et la littérature [...] Elle fait parfaitement la différence entre le monde du rêve, celui dans lequel vivent les personnages des romans, et le monde réel, celui dans lequel elle partage la vie d’un modeste officier de santé. Madame Bovary n’est pas Don Quichotte ! [6].

LE JUEZ Brigitte, Le papegeai et le papelard dans Un Cœur simple de Gustave Flaubert  ; Rodopi, 1999

Il est intéressant de noter que Mme Aubain, Félicité et les enfants vivent précisément ensemble dans le plus grand isolement, et si l’on compare un instant la situation de Mme Aubain et de Félicité avec celle des compagnes d’un sultan, on est amené à identifier "Monsieur" à ce dernier, "planant sur tout". Si Mme Aubain peut être identifiée à la première femme, hatun qui signifie "la grande dame" en arabe, Félicité serait-elle la seconde, durrah qui signifie "le perroquet". [7]

La critique flaubertiste, depuis un certain temps déjà, s’accorde à considérer que Flaubert, pour reprendre les termes de Philippe Dufour par exemple, ne raconte pas "des histoires au moyen du langage" mais "le langage à travers des histoires". [8].

BREUT Michèle, Le haut & le bas : Essai sur le grotesque dans Madame Bovary  ; Rodopi, 1994

Binet, produit et producteur de grotesque pp. 208-213.

Une lettre à Ernest Chevalier du 2 juillet 1835 prouve indéniablement que Flaubert a pensé à Binet comme à un alter ego [9] : "J’oubliais de t’apprendre une nouvelle nouvelle, c’est que mon incognito poétique et productif est Gustave Kocloth." Flaubert signe cette lettre : Gustave Antursékothi Kocloth. Dans une note de l’édition Pléiade de la Correspondance, Jean Bruneau indique que Antursékothi vient d’un conte d’Albéric Second, Nouveau mode de mariage : c’est le nom de scène d’un certain Édouard Binet.

Binet, alter ego grotesque de l’écrivain réaliste, [...] produit l’objet étrange décrit à la fin du roman : "une de ces ivoireries indescriptibles, composées de croissants, de sphères creusées les unes dans les autres, le tout droit comme un obélisque et ne servant à rien."

Charles Bovary et la fatalité pp. 227-232.

L’ironie métaphysique a sa place dans une vie où la Providence et la rationalité cèdent le pas à la fatalité. Une ironie de ce type est attachée à Charles Bovary qui fait, à partir de sa rencontre avec Emma, une ascension discrète qui le fait passer du "ridiculous sum" au "fatum est". Pour qu’il y ait ironie du destin, il faut qu’il y ait présage. Le présage est constitué dans le roman, par la peur prémonitoire du cheval du médecin qui se rend au chevet du père Rouault :

Quand il entra dans les Bertaux son cheval eut peur et fit un grand écart.

Levrette pp. 92-97.
... rassemblons de brèves séquences narratives tirées de Madame Bovary et de Bouvard et Pécuchet, séquences dont le point commun est de présenter un homme désirant une femme observée de dos, ces positions respectives ayant l’intérêt d’apporter au désir humain une connotation de copulation animale... [10]

Divers

[1pp50-51.

[2p.66.

[3p.70.

[4p.76.

[5p.199.

[6p.75

[7p.84. Se réfère au Voyage en Orient de Gérard de Nerval : "La première femme s’appelle la grande dame et la seconde le perroquet (durrah)."

[8p.93

[9Ce qu’une analyse des personnages de Mme Bovary a pu donner à penser, Cf. Gustave Flaubert/Albert Thibaudet. - Gallimard, 1935, p.116 : "On pourrait aussi penser que Flaubert a fait de Binet une caricature de l’auteur."

[10Étonnamment, dans les citations qui suivent, M. Breut ne mentionne pas la "levrette" de Mme Bovary, cadeau d’un garde-chasse guéri par Charles (l’animal disparaît lorsque les Bovary emménagent à Yonville).