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Le random tour
  1. sonnet 117
  2. États sauvages
  3. Études sur l’amûr
  4. sonnet 046
  5. sonnet 249
  6. sonnet 267
  7. De l’air misère !
  8. Varna
  9. Scène de vie en Y Chromosomie
  10. Loizeau et le Tailor




Les gazouillis en cours
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Tous (et pas toutes) à Zanzibar

plinous, le mardi 14 février 2006.

(EXPLOSION DEMOGRAPHIQUE : événement unique de l’histoire humaine. C’est arrivé hier, et tout le monde dit que c’est pour demain.
Chad. C. Mulligan,
Lexique de la Délinquescence.) [1]

Chad. C. Mulligan était sociologue. Il a laissé tomber. [2]

Chad. C. Mulligan est un affreux poseur. Éminence de la sociologie et dandy cynique, ce personnage est sans doute celui pour lequel Brunner a le plus d’affection, ce qui est assez consternant. Les autres personnages, Norman le cadre black, Donald le Bond malgré lui, Shalmaneser le super ordinateur, Sugaiguntung le tectogénéticien... sont très forts eux aussi, mais pas au point de sauver le monde entre deux rasades de vodka. Des femmes ? Si si, il y a des femmes dans le roman de Brunner, même qu’elles participent à l’action, comme des ustensiles, à l’instar des karatapoignes ou autre télévision holographique. Ces adjuvants secondaires se divisent en deux catégories : les minettes (de la chatte) et les mères (avec leurs problèmes de pondeuses). Ce machisme potache est assez extraordinaire et pourtant je ne l’avais pas remarqué lors de ma première lecture du roman. D’ailleurs tout le côté étudiant fac de science (vous savez, le slip sale sous le lit avec le Newlook, le pc Atari sur le bureau et le poster de hard rock sur la porte) m’avait échappé, comme quoi on ne lit jamais deux fois le même livre, surtout à vingt ans d’écart.

Reste que Tous à Zanzibar est un roman hors du commun. Si sa forme n’est pas révolutionnaire - cela demeure une narration à la troisième personne - sa bordellisation par l’immixtion d’éléments divers et variés (pubs télé, bribes de dialogues, coupures de presse, aventures secondaires etc.) est pour le moins perturbante. Sur le fond, la "vision" de Brunner est bluffante. Le roman a été écrit en 68. On y retrouve déjà un monde qui n’est plus bipolaire (est-ouest) et où la Chine est devenue la grande puissance en face de l’occident ; le clonage humain ouvre des perspectives aussi vertigineuses que terrifiantes ; le terrorisme est devenu une espèce de sport international ; des multinationales peuvent s’acheter des états... Si Brunner n’a pas tout vu (l’Internet, le réchauffement climatique...), son XXIème siècle a une gueule qui ressemble bien au réel dans lequel on patauge. Il faut saluer l’exploit.

Les exploits font-ils les bons livres ? Pour moi, Tous à Zanzibar est un roman qui manque de simplicité. A l’image de son sociologue décadent, Brunner est sans doute un humaniste au fond. Mais bien au fond. Avant d’atteindre cette mansuétude, il y a beaucoup d’ego à dégazer.

Tous à zanzibar /John Brunner. - Le livre de poche.

- présentation plus complète,
- P. 516 : "... Bouddha a atteint Rome qui l’aurait canonisé sous le nom de saint Josaphat." En savoir plus.

[1P. 563.

[2P. 41.