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Rhétorique en marche

plinous, le samedi 13 mai 2017.

J’essaie habituellement de ne pas polluer cet espace avec de hautes pensées politiques encore partagées par quelques millions de personnes qui renâclent à se dire "de gauche" tant l’expression a souffert. Mais en l’occurrence, il me semble que deux astuces rhétoriques utilisées par notre Kennedy en marche ne sont pas assez éclairées. Je vais donc ajouter ma contribution sociologico-politique à l’océan des productions du genre qui nous submerge dans ce temps inter-électoral. Ce sera très court.

Donner sa chance à chacun

Donner sa chance à chacun, c’est choisir En Marche ! Le candidat Macron a répété la formule tout au long de sa campagne, comme Hillary Clinton dans la sienne, avec certes moins de succès - il faut dire que les Américains avaient déjà mangé du Clinton, alors que notre petit macaron libéral est encore vierge.

Hillary l’a répété à l’envi : "I want every single person here to have your chance at the American dream". C’est l’antienne de l’internationale libérale. Mais il ne vous rappelle rien ce slogan ? Eh oui, c’est la fameuse "chance qui appartient à tout le monde" du Loto. Avec toute ses variantes, dont la meilleure à mon sens : "100% des gagnants ont tenté leur chance". Allez le contester ce slogan ! Quoi ? Il n’y a pas de gagnants aux jeux d’argent ? Quoi, Rockefeller n’est pas parti de presque rien pour finir milliardaire ? Alors ?

Alors les maths ; les probabilités pour les loteries et les statistiques pour la sociologie. Les premières indiquent que pour 1 gagnant au loto il y a 16 millions de perdants, ce qui fait tendre la chance potentiel vers zéro, ou dit en français : "les baisé(e)s comptez-vous". Quant aux stats sociologiques, faisons simple : la tranche des français "infiniment riches" représente 0,01 % de la population. Et encore cette tranche se se subdivise-t-elle pour distinguer les véritables maitres du jeu, les Arnault, Bolloré, Pinault, Bettencourt et al., les seuls vrais bénéficiaires de la fameuse chance.

La philosophie libérale et individualiste incarnée pour l’heure par le gentil marcheur use donc d’une formule qui ne fait que conforter l’accroissement des inégalités, laquelle s’accélère comme l’expansion de l’univers. Dans une société solidaire, on ne donne pas une chance à chacun, on s’efforce de donner à tous les moyens de s’épanouir, ce qui veut dire donner plus à ceux qui ont moins.

Réduire le chômage

Pour réduire le chômage, Macron est le plus crédible selon les Français nous dit BFM. Il faut donc l’élire ! la causalité implicite est évidente. Bah oui, qui peut ne pas être d’accord avec la priorisation de cet objectif : la réduction du chômage ? Des anars, des rigolos qui invoquent Coluche ("de l’argent leur suffirait"). La fracture sociale, c’est le chômage, et pour réduire la première il faut nécessairement faire baisser le second. Comme en Allemagne, en Angleterre, "comme chez tous nos voisins" (dixit EM durant le débat avec Le Pen).

Bon, outre qu’on n’est pas dans ce concert à une connerie près, il faudrait sérieusement se poser la question du bien fondé de l’objectif. Dans cette Allemagne florissante, celle que la Commission européenne applaudit, celle que Fillon, Macron, Apathie... nous vantent, la pauvreté s’accroit.

"Je préfère voir des gens bosser 60, 70 heures par semaine pour un smic plutôt que de les voir tenir les murs, dealer, ou rester assigné à résidence au RSA" a déclaré notre nouveau président. Mais comment fait-on, lorsqu’on bosse 70 heures par semaine pour 1 500 € mensuels, pour répondre aux exigences multiples de notre société : élever correctement ses enfants, prendre soin de sa santé, s’autoformer etc. ?

Dans une société solidaire, l’objectif premier est d’éradiquer la pauvreté, la baisse du chômage est une cible seconde (plus facile à atteindre si on veut bien prendre en compte l’évolution technologique et conséquemment diminuer le temps de travail).