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Le random tour
  1. sonnet 322
  2. Le journal gris des deux philadelphes, I
  3. A cynical world
  4. sonnet 193
  5. Abécédaire philosophique
  6. sonnet 061
  7. sonnet 049
  8. sonnet 336
  9. Nibards phalliques
  10. Refusé 06 : Légende




Les gazouillis en cours
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Retour au pulsionnel

plinous, le mercredi 18 décembre 2002.

Car voyez-vous, je suis bien obligé de le reconnaître, c’est devenu une corvée d’écrire un article, enfin plus de 15 lignes. Alors :

Je me souviens de mes premières lignes sur le Web. La machine sortait de chez Carrefour, on l’avait installé dans le grand débarras, à l’étage, un vrai petit nid d’amour. L’abonnement coûtait 35 francs/mois, communications non comprises, il fallait faire attention. Armé d’une copie de Frontpage et d’un Paint Shop Pro cracké (déjà), je m’étais lancé sur Multimania ; la totale oui, le tiercé perdant, mais j’étais bien heureux quand même. J’allais faire comme Montaigne, m’essayer, sur un nouveau support, a new frontier, Internet. C’était ça, grotesque, mais ça, Montaigne et tout.

Et c’était bon. Tous les soirs, consciencieusement, je me vautrais dans l’ironie et dépeignais complaisamment mon quotidien de duck, en y collant une citation, à toute fin utile - citation que je n’allais pas jusqu’à tordre comme Michel ("Je tords bien volontiers une bonne sentence pour la coudre sur moi. I 26") mais qui enfin tenait la plupart du temps de la perruque dans la soupe. Cela s’appelait Le journal éphémère d’un écrivain potentiel, et l’outrance du titre dit tout. Mais le pied en attendant.

Aujourd’hui, le blog et autres chbrouncheries sans oublier les bons vieux égosites html, des millions de webs. Des tonnes de merde évidemment, mais beaucoup de choses très bien aussi, beaucoup, beaucoup. Et spirituelles surtout. Et voilà ce qui est affreux : quand vous faites le tour, nécesairement lacunaire, des sites que vous avez remarqués, vous vous rendez compte que tous leurs créateurs sont fins, qu’ils écrivent bien et qu’ils sont originaux. Enfin sauf sur un point : tous vous pètent à la gueule leur vision du monde idiotique, leur originalité exacerbée, leur particularisme ego-journalistique, et tous vous tendent le miroir. Et vraiment, tous, ils sont beaucoup, et je crains qu’à la fin ils me la coupent.

Enfin je craignais. Car ayant voulu recouvrer mon enthousiasme d’antan (c’était il y a quatre ans, un autre millénaire), je me suis demandé ce que je faisais sur le Web à l’époque, à côté du diary. Immédiatement, l’image de Traci, ma soeur jumelle, s’est imposée ; j’en ai passé du temps avec elle ! Alors je me suis dit allez, avant d’écraser le SPIP, va donc la rechercher et tu vas voir, tes doigts vont recoller aux touches. Et de fait...