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Le random tour
  1. sonnet 282
  2. sonnet 226
  3. Salut à toi, le moulin
  4. La Constance du Jardinier
  5. sonnet 046
  6. Ceci ne se reproduira plus
  7. Prolifique le gratin !
  8. sonnet 214
  9. DMZ
  10. sonnet 047




Les gazouillis en cours
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La paix par les oreilles

plinous, le mardi 31 janvier 2006.

Je ne peux pas étancher ma soif de littérature, je ne peux pas parce qu’il y a tout ce code, ce code du travail : php, css, asp, dcd... Alors comme je ne peux pas lire, assez, j’écoute dans la voiture des livres que d’autres lisent, souvent mieux que je ne ferais. Aujourd’hui, c’est Gérard Desarthes qui m’a vengé et nettoyé des pouffes et des alphamâles en me lisant Le livre de ma mère d’Albert Cohen, celui qui se déguisait en fonctionnaire international. Dans ma panoplie plus modeste, je me sentais pourtant bien cet après midi, serein, prêt pour affronter ces bas-bleus "responsables" ; les mots d’Albert m’avaient fait du bien.

Il n’y a pas plus artiste qu’une vraie bourgeoise qui écume devant un poème ou entre en transe, une mousse aux lèvres, à la vue d’un Cézanne et prophétise en son petit jargon, chipé ça et là et même pas compris, et elle parle de masses et de volumes et elle dit que ce rouge est si sensuel. Et ta sœur, est-ce qu’elle est sensuelle ?

Mais Cohen attention, pas d’abus - le cynisme tue. Son best-seller, Belle du Seigneur , est en effet un long rictus malveillant : l’amour n’existe pas parce que quand on aime on chie quand même et que si vraiment la belle aimait Solal elle ne se sentirait pas obligée de mettre du Mozart chaque fois qu’elle va démouler un cake. C’est vrai que c’est un challenge d’aimer malgré la trivialité et par delà le quotidien, mais j’en connais qui ont surmonté le défi.