0125.jpg plinous.org



Le random tour
  1. Vivre, avec ou sans permis
  2. The not so Good Life
  3. Anales d’histoire romaine
  4. Une quête dantesque
  5. Mes photos sont chez Yahoo!... pour toujours !
  6. Un Goncourt qui a de la gueule
  7. sonnet 143
  8. Le chien qui avait trop de classe pour le voisinage
  9. sonnet 200
  10. Tous (et pas toutes) à Zanzibar




Les gazouillis en cours
Tweets by @plinous

Accueil > Choses > Littérature > J’ai laissé tomber Alice

J’ai laissé tomber Alice

plinous, le lundi 10 janvier 2011.

À la page 154, j’ai renvoyé Alice Ferney à son Paradis conjugal, tant il était précieux, soporifique et plat ce paradis. L’Eve de cet éden n’aime plus la bite - elle ne l’a sans doute jamais trop aimée quoiqu’elle ait fait quatre enfants - et comme il faut bien s’occuper, elle regarde Chaînes conjugales de Mankiewicz en boucle pour essayer de comprendre pourquoi son mari, qui a encore envie de niquer lui - il s’appelle Alexandre, ne rentre plus à la maison.

Elsa Platte elle s’appelle. Enfin c’est son nom de femme mariée, son nom d’avant c’était Dautun. Une platitude hautaine, tout est résumé dans l’onomastique d’un personnage : en voilà de l’analyse non poussive ! Oui parce que dans l’histoire d’Alice, ça ahane... Il faut déjà quelle raconte tout le film, et des fois elle se souvient qu’il y a Elsa, femme Platte, alors elle lui fait reprendre un terme employé fautivement par un des quatre mômes. Heureusement, l’ainée qui ne supporte pas qu’on parle pendant les films fait tout le temps pause histoire que sa mère puisse dire deux trois trucs élevés sans qu’on ne perde rien du film, ouf...

Dailleurs, tout cela est très fin psychologiquement :

Elle voyait ces détails que les hommes ne voient pas, parce que le corps d’une femme compte plus pour eux que sa toilette, alors que tout sera pris en compte par une femme dans ce qui est une estimation de sa compagne... (p. 146)

Ah, ce n’est pas le niveau Cosmo, c’est sûr. Mais des fois c’est beaucoup plus simple, plus direct, Alice se lâche, grâve :

Rien ne retient un homme hameçonné par une salope (p. 34)

Attendez, c’est des coup à se faire mettre à l’index par La Croix !

Bon, on aura compris, a pas aimé. Ai persévéré quand même, parce que bon, je suis un homme sensible aussi. La mère de famille Jacadi, ex première de la classe recluse pour pondre et élever sa progéniture dans une banlieue genre Neuilly, ça doit être passionnant. À condition de surprendre un minimum, et de sortir de cette femme sa part enfouie de perversité, de délire, de sauvagerie... Mais là on comprend vite qu’elle ne trouvera rien dans le trou du lapin la Platte, si bien nommée. Alors basta ! Je veux bien me refaire le Mankiewicz, mais quant au somnifère, je renonce. Et moi je ne rentrerai pas, c’est sûr !

Pour les amatrices de psychologie catholique : Paradis Conjugal /Alice ferney. Actes sud : Babel ; 2008.