0312.jpg plinous.org



Le random tour
  1. sonnet 248
  2. Tous dans le combi !
  3. Troie, le film
  4. As-tu bien lu Le Rouge et le Noir ?
  5. Nerval, commandeur du rêve
  6. Refusé 14 : Passerelle
  7. À l’écroulement du monde ancien
  8. Howl !
  9. Sous le signe du Trône
  10. L’échec de Flaubert




Les gazouillis en cours
Tweets by @plinous

Accueil > Choses > Du procès d’intention au fait accompli

Du procès d’intention au fait accompli

plinous, le lundi 22 août 2011.

Qu’il s’agisse de privatiser un établissement public, de délocaliser une production en Chine ou de "restructurer" - dégraisser - une entreprise, la technique de la direction est toujours la même : il s’agit de distiller l’information au compte-gouttes et d’apporter des "innovations" qui ne laissent pas deviner le plan d’ensemble. Ici on va changer un statut, là on va externaliser telle production périphérique, ici on va regrouper deux services dont on vient de se rendre compte qu’ils doublonnaient...

Le mode opératoire est très impressionniste, de petites touches apparaissent, c’est nouveau, quelquefois ça inquiète un peu mais bon... Évidemment il y a les Cassandre, ceux qui se doutent bien que le monde étant ce qu’il est, tel audit, tel recentrage, tel transfert est bien susceptible d’amorcer un processus funeste ; alors on demande aux collègues d’être vigilants, voire de se mobiliser, d’agir bordel !

Mais pour quoi, contre quoi, contre qui ? Le type de la DG est venu, il a dit qu’il fallait qu’on s’inscrive dans un schéma vertueux, qu’on explore de nouvelles opportunités, qu’on change les méthodes... mais il l’a bien dit : en aucun cas il n’est question, pour l’heure, de privatisation, de délocalisation, de licenciements...

Et le syndicaliste ou la collègue un peu grande gueule se retrouve face à son manque de billes ; il ou elle peut prêcher : "Mais ils ont procédé comme ça chez France-Orange, chez Totaux, chez Conti"... "T’as des infos ?" finira par lui lancer furax un mouton particulièrement terrifié et qui préfère s’en tenir à ce qu’a dit le costard de la DG. Pas d’info, pas de preuve : procès d’intention.

Et puis un jour, ça y est, c’est la dernière touche : aujourd’hui au conseil des ministre la décision a été prise d’abandonner au secteur concurrentiel..., la direction du groupe Peunaud a décidé de délocaliser..., le conseil d’administration de Nadeo a décidé de réduire sa masse salariale... Et voilà, c’est clair, le tableau est fini, c’est fini, et il n’y a plus rien à faire : c’est le fait accompli.