0126.jpg plinous.org



Le random tour
  1. The Charlatans, les bien nommés
  2. AMELICA
  3. Entretien
  4. Percolation
  5. Légende arthurienne (notes connexes)
  6. Barthes, champion de tennis
  7. sonnet 326
  8. Fais-moi mal Georges
  9. sonnet 343
  10. Lexique ancien et moyen français




Les gazouillis en cours
Tweets by @plinous

Accueil > Choses > Littérature > Course de fond

Course de fond

plinous, le dimanche 14 juin 2009.

2009

J’ai fait mon premier marathon, je suis mort, à bout de mots, je serai bref. Le marathon des mots est une bien belle course, merci à toi, OPDA (le Poivre chauve qui assume).

Que d’émotions, sincèrement ! La plus forte en ce qui me concerne : Amira casar lisant Qui je suis de Pasolini dans une chapelle du cloître des Jacobins. Il était autour de 23H, la chaleur toulousaine s’était adoucie, Amira est arrivée, s’est arrêtée avant de monter sur scène, a pris son souffle... Et Pasolini a commencé à se narrer.

C’était un véritable "instant de grâce", comme l’avait dit le matin Christine Albanel à propos d’une lecture d’extraits du dernier roman de Martin Provost par Charles Berling. Tu t’es encore trompée Christine ! Mais simplement de lecture cette fois-ci, c’est moins grave que les pâtés que tu fais dans tes textes de loi. Enfin tu t’es trompée, disons que tu as exagéré. Le texte de Provost n’est pas si mal et la lecture de Berling était très bien, mais tout cela n’a rien de transcendant, c’est du sous Proust interprété avec fougue par un excellent comédien qui se trouve juste un peu court quand il quitte son texte pour dire la valeur universelle de celui-ci. Ce texte euh euh... Te fatigue pas Charles, le texte de Martin te parle comme les chansons de Delerm fils parlent aux petits bourgeois trentenaires ; c’est plein de références générationnelles et donc contingentes qui n’atteignent jamais à l’universel. Pasolini part de sa relation à son père pour libérer tous les fils de l’emprise mortifère du père dans le monde judéo-chrétien. C’est un autre niveau.

Quoi d’autre ? Les lectures de Daniel Mesguich. Daniel Mesguich lirait des annonces immobilières qu’on attendrait la suite. Sa voix est une expérience Zen, les mondes se mettent en place, sans effort, tu voyages en orient avec Nerval, peu avant tu riais dans un poème de Georges Henein. Génial.

Natacha Atlas aussi, l’autre soir, comme un délicieux loukoum, sur un sofa, bercé par des chants orientaux teintés de jazz, et autres effluves douces.

Vraiment, ce marathon-là fait du bien.

2010

Ce que je retiendrai de cette session :
- Daniel Mesguich, toujours, lisant religieusement Les lettres à une jeune fille de Joe Bousquet aux Carmélites.
- Michel Vuillemoz s’attaquant avec une sympathique bravoure et beaucoup de talent à un extrait (...) d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs
- Elsa Zylberstein, arrivant dans une splendide robe d’été blanche, talons compensés et grosse bronchite - accordée au temps maussade (des fois il ne fait pas beau à Toulouse). L’ange blanc a lu héroïquement (car bien prise) L’Horizon de Modiano, une performance.
- Le vide de Djian.