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Le random tour
  1. Extrait de vacance
  2. Exotica
  3. sonnet 056
  4. Ça, c’est un baiser
  5. Sotos, mauvais Djian
  6. Connasses
  7. sonnet 147
  8. sonnet 104
  9. sonnet 256
  10. sonnet 341




Les gazouillis en cours
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Around the world, around...

plinous, le dimanche 16 mai 2010.

Certains parmi nous ont des idées géniales, pour eux-mêmes. Frédéric Martel est à coup sûr de ceux-là. Ce journaliste, et chercheur c’est important, a en effet su convaincre des gens à carnets de chèques qu’il était temps de publier un livre sur la globalisation de la culture et que l’écriture de ce livre nécessitait de rencontrer tous les décideurs et autres moguls des médias du monde, chez eux. Du coup, Martel a voyagé durant cinq ans, passant du Carlton de Mumbai à l’Hyatt de Mexico - ou l’inverse peu importe, testant le café de tous les Starbucks de la planète et rencontrant les magnats dans leurs antres, Building surplombant la baie de Rio ou camp secret du Hezbollah.

Tout ça pour nous dire quoi ? Que l’Inde émerge, que la Chine reste impénétrable, que le Brésil émerge aussi, que l’Égypte produit des contenus "cool" - à l’échelle musulmane - financés par des capitaux saoudiens, que l’Indonésie pourrait bien réserver des surprises... Bref, on n’apprend rien de fondamental dans ce Mainstream, mais on fait un tour du monde de la mondialisation culturelle en 400 pages, ce qui ne serait pas désagréable si...

S’il n’était pas clair en ce qui me concerne que ce type m’a piqué mon job ! Merde ! Je voulais faire ça moi, aller dans les cuisines du monde entier pour voir qui tambouille les blockbusters, la pop, les jeux vidéos et les best-sellers. Et je suis d’accord aussi pour faire une conclusion qui dit en substance que la mondialisation c’est grave ou pas, on verra, mais que de toute façon il ne faut pas lutter contre le courant et que le meilleur moyen de ne pas subir la pensée mainstream c’est de faire soi-même du mainstream, comme Luc Besson par exemple. Il faut bien payer ses billets.

En plus, de ce who’s who de la culture globalisée - très agréable à lire au demeurant - je pense qu’on ne retient rien, ce qui veut dire que le même bouquin est à récrire dans un an (preums !). Vers la fin je me suis quand même décidé à prendre une note histoire de conserver quelque chose. C’est un critique de cinéma tchèque qui parle :

Tout en étant très nationaliste, le président Klaus se satisfait très bien de la pénétration du cinéma américain : Hollywood vend le rêve américain fait d’individualisme et non pas de justice sociale, de valeurs familiales et non pas de fraternité. C’est exactement cela la politique nationaliste de Klaus. [1]

Si ce n’était que la politique nationaliste de Klaus ! Jean-Pierre Pernaut et Bruce Willis, ça marche pas chez nous ? Plutôt que d’enquêter sur le comment de la réalisation de produits mainstream, Martel aurait pu s’interroger sur le pourquoi. Mais c’est vrai que ça ne ferait pas un bouquin, puisque ce pourquoi peut être résumé en trois lignes par un critique tchèque.

Mainstream de Frédéric Martel. - Flammarion, 2010

[1p. 296