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Le random tour
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A book about nothing (with a new world inside)

plinous, le dimanche 2 mai 2010.

Mais qu’est-ce qui se passe dans Netherland de Joseph O’Neill ? Le 11 Septembre ? Ah non ça c’est avant. Un meurtre ? Oui, on retrouve le cadavre du copain mais on n’en saura pas plus, pas d’enquête, pas de coupable. Des gars jouent au cricket ? Certes, le cricket, un support de métaphores comme un autre... rien de plus. Le couple ? Oui, y a ça aussi, le couple... et puis l’amour, la peur, la trahison, la dépression, la mort, la résurrection, le 21ème siècle naissant, la mondialisation, même le cosmos !

My wife, on the point of sleep, murmured, "Remember when you told me about being in that boat at night, when you were little ? That’s were I fell in love with you. When you told me that story. At that exact moment.

[...] I was just a boy, I said to my wife [...] I was just a boy on a boat in the universe. [1]

Voilà, Hans, le narrateur, c’est juste un type sur un bateau dans l’univers qui nous raconte des trucs, et comme sa voix est très très belle, on tombe amoureux. Moi j’ai compris que j’étais pris, épris donc, au moment où Rachel, la femme de Hans - qui représenterait, si vous êtes dans le trip allégorie, le traumatisme post 11/9 - impose à ce dernier un diner en famille avec le nouvel amant, Martin (tous les ânes s’appellent Martin).

The great moment had arrived. My wife had joined us in her flowery skirt. She lowered herself into a non-aligned space. It was quite the fête champêtre as the three of us sat together.
"Try the carrots", Rachel said. I hadn’t touched the food on my plate. "They are very good".
I didn’t want to make trouble, but neither did I want to eat. "Fuck the carrots", I said. [2]

"Fuck the carrots !" ai-je repris tout haut. De même, une page plus loin, j’ai failli m’étrangler d’indignation avec Hans. Un jour, en veine de confidences, Rachel lui parle d’un ancien petit ami en le décrivant comme "expert" :

- What do you mean, "expert" ?
- Oh, you know, one of those men who prides himself on getting any woman to come like a porn star.
- And did he ? I was scandalised.
She gave no reply, and I heard myself insisting.
Rachel said, "well, yes, but..."

Intolérable ! Et c’est encore ça Netherland, une peinture de la nouvelle condition masculine ! Beaucoup d’humour donc. Et l’espoir. O’neill ne nous confine pas dans le pré-post- apocalyptique, il éclaire de nouveaux horizons. Le livre s’achève sur une grande roue, à Londres, qui donne à voir à mesure qu’on s’élève une cité "éternelle" qui de fait a changé. La roue tourne, un nouveau monde émerge. Alléluïa !

Netherland /Joseph O’Neill. - Harper Perennial, 2009.

[1p.264

[2p.299